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L'équipement de L'aventurier Steven Le Hyaric

Stéven Le Hyaric vient de boucler en vainqueur la NorthCap 4000, une épreuve ultra et sans assistance de plus de 4000 km entre l’Italie et le cap Nord en Norvège, après dix jours d’effort. Pour s’imposer, il a dû limiter au maximum ses heures de sommeil en roulant entre 15 et 21 heures par jour, manger sur le pouce et compter sur la fiabilité de son équipement, malgré la traversée de 11 pays et des conditions climatiques variées.

À peine deux semaines après avoir bouclé la première étape de son projet 666 (6 déserts, 6 mois, 6 continents) en Namibie, où il a parcouru 4250 km en 18 jours en suivant une trace à 90 % en Gravel), Stéven Le Hyaric a pris le départ de la NorthCap 4000 sûr de sa condition mais avec encore la tête ailleurs. « Après une telle aventure, je n’étais pas encore totalement remis de mes émotions, commence-t-il. Avant la NorthCap, j’ai d’abord pensé à récupérer, mais je me suis quand même un peu entretenu. Au moment du départ, j’avais encore les images de la Namibie en tête. »

Du matériel fiable et éprouvé

Dans l’intervalle, l’aventurier ne se pose pas de question quant au choix de son vélo. La solution adoptée en Namibie est reconduite, en changeant seulement les pneus tout-terrain de son Girs R’n’R pour des Challenge Strada Bianca 33 mm. « J’étais monté en tubeless, mais je n’ai pas dû rouler assez avant le départ pour bien répartir le liquide préventif dans les pneus, s’amuse-t-il. J’ai crevé la première journée et perdu pas mal de pression. J’ai dû m’arrêter régulièrement pour regonfler, mais je voulais retarder au maximum le moment de la réparation, que je n’ai eu finalement pas eu besoin d’effectuer, même si j’ai parcouru les plus de 4000 km avec moins de deux bar de pression dans la roue avant. » Ce sera finalement sa seule inquiétude tout au long du périple.

"Au niveau du groupe, je choisis la simplicité d’un groupe Campagnolo Ekar mono plateau avec 13 pignons derrière, et des développements de 42 devant et de 9 à 42 dents derrière, avec un dérailleur à câble. » Pour les roues, Stéven Le Hyaric opte pour des Sonic Tera avec des jantes de 35 mm de haut et une largeur interne de 24 mm, pour un compromis idéal entre légèreté, solidité et confort. La roue avant est montée avec un moyeu à dynamo Son, équipement essentiel pour assurer l’éclairage et le maintien en charge des GPS et du smartphone, que le Parisien utilise plusieurs fois par jour pour vérifier son positionnement dans la course et celui de ses concurrents, communiquer avec ses proches et réaliser de nombreuses stories qu’il publie sur les réseaux sociaux pendant la course. Stéven Le Hyaric reste également fidèle à la selle Selle Idéale qui l’a accompagné lors de ses précédents périples. Compte tenu des arrêts nécessaires durant la journée et de la polyvalence réclamée par ce type d’épreuve, l’aventurier utilise également les pédales Garmin Rally avec capteur de puissance, et à des chaussures Lake.

Le cadre R’n’R de la marque francaise Girs est un cadre spécifiquement développé pour le gravel, l’aventure ou le bikepacking, avec la possibilité de monter deux tailles de roues (700c et 650b) et des pneus jusqu’à 57 mm de section (50 mm en roues de 700). « Dans ce genre de configuration, le confort, la fiabilité et la solidité sont essentiels, reprend-il. Le cadre m’offre une position confortable sur de longues heures de selle, et l’aérodynamisme n’est pas la donnée la plus importante. La combinaison de fibres de carbone Toray T700 et T800 apporte un bon compromis entre résistance aux chocs et rendement. J’opte certes pour l’utilisation de prolongateurs Profile Design, mais là encore c’est pour le confort.

Une organisation sans faille

Avec ses nombreux oeillets de fixation, le Girs R’n’R permet aussi à l’aventurier de transporter tout le nécessaire à son itinérance, avec notamment deux porte-bidons au niveau des fourreaux de fourche, une sacoche positionnée au milieu du triangle avant, une autre accrochée sur la tige de selle, et une dernière plus petite sur le tube supérieur. Pour les sacoches Steven utilise Restrap.

En dehors, des deux seules courtes nuits d’hôtel qu’il s’est accordé, ses phases de repos se sont limitées à des micro-siestes de 5 à 30 minutes, parfois sur le bas-côté de la route. « Les deux fois où j’ai fait une pause plus longue, j’en ai profité pour me doucher et pour nettoyer les deux seuls maillots et cuissards que j’ai pris avec moi. En repartant tôt le matin, je renfilais une tenue encore humide, et j’accrochais l’autre au vélo pour qu’elle sèche en roulant. » Là encore, son expérience lui permet d’emporter le strict nécessaire pour ce genre d’aventure, tout en ne manquant de rien. « Mes deux tenues étaient composées de deux cuissards Castelli Premio, le haut de gamme de la marque italienne, vraiment adapté pour les longues distances mais sans provoquer de surépaisseur au niveau de l’assise. C’est en plus un cuissard qui retient très peu l’humidité. Pour les maillots, j’ai opté pour des Castelli Squadra, pour leur respirabilité et leur légèreté. De plus, ils disposent d’éléments réfléchissants bien utiles lorsqu’on roule la nuit ou très tôt le matin. J’ai complété par une paire de jambières, une paire de manchettes, une paire de couvre-chaussures et deux paires de gants.

« J’ai eu du mal à mettre en route, nous confie Stéven Le Hyaric. En Namibie, il faisait très chaud la journée, mais l’atmosphère était très sèche. Je savais pourtant qu’à partir de la deuxième journée, j’allais vraiment rentrer dans la course. Je me suis rapproché de la tête après le passage
des cols en Slovénie. J’ai adapté ma stratégie de sommeil en fonction de la position de mes concurrents. Je sais comment gérer mon effort tout au long de la journée, et pour la nuit, ma lampe frontale qui n’est certes pas très aérodynamique m’aide à rester vigilant. » À trois jours de l’arrivée, l’Allemand qui caracole en tête depuis les premières centaines de kilomètres craque complètement.

Stéven Le Hyaric prend le dessus et gère jusqu’à l’arrivée les cinq heures d’avance qu’il possède sur son poursuivant immédiat. Pour conclure, il enchaîne plus de 700 km d’une traite, dans l’euphorie d’une victoire qui lui est promise. « Sur la fin, j’ai senti la fatigue se dissiper, et j’ai retrouvé mes réflexes de compétiteur. J’ai géré mon avance par rapport à mon poursuivant, tout en en gardant sous la pédale », nous explique celui qui est aujourd’hui parmi les meilleurs du monde dans ce type d’effort.

Par Guillaume Judas pour Bicycle Store

« Je suis parti avec une cinquantaine de barres énergétiques, et également de quoi faire une douzaine de litres de boisson avec des sachets de poudre Maurten 320, poursuit le vainqueur de la NorthCap. Cela m’a permis de passer les moments difficiles, grâce à la puissance glucidique de cette boisson, et sa très bonne digestibilité. Mais j’ai aussi mangé 30 tablettes de chocolat de 200 g, une cinquantaine de barres chocolatées et pas mal de sandwichs, en m’arrêtant dans des stations service ou dans de petites épiceries. Coca, eau et café en quantité m’ont aussi accompagné tout au long du périple. Mon premier vrai repas chaud, j’ai pu seulement le déguster en prenant le ferry entre Tallin et Helsinki (deux heures de traversée). »

"Au départ en Italie, j’ai vu des concurrents s’élancer avec une tenue minimale, mais je savais qu’en remontant vers le nord, nous allions rencontrer des conditions plus fraîches et plus humides. C’est aussi pour cette raison que j’ai emporté une veste gore tex Castelli Idro 3, que j’apprécie pour son imperméabilité, sa résistance au vent et sa légèreté. De plus, je peux la compacter facilement et elle prend très peu de place." À partir de la Pologne et avant de traverser les pays baltes, les concurrents doivent en effet affronter la fraîcheur et de fréquentes averses de pluie. En posant les roues en Finlande, la température n’excède pas les 13°C en plein milieu de la journée, et les routes sont balayées par le vent. Ces conditions contrastent avec la chaleur humide des rives du Lac de Garde au moment du départ.